Comment reconnaître et surmonter le burn out parental ?

Si le burn out au travail est un trouble dont on ose de plus en plus parler – il peut même être reconnu sous certaines conditions comme une maladie professionnelle – son homologue, le burn out parental, reste souvent mal diagnostiqué et tabou dans notre société. Il existe pourtant différents symptômes qui peuvent vous mettre la puce à l’oreille, et des solutions pour vivre sereinement sa parentalité.

  1. Qu’est-ce que le burn out parental ?
  2. Quels sont les symptômes du burn out parental ? 
  3. Comment sortir du burn out parental ? 

Qu’est-ce que le burn out parental ?

Le burn out parental est un syndrome qui, comme son nom l’indique, touche les parents : dans la plupart des cas, ce sont les mamans qui sont concernées, mais il peut aussi affecter les papas.

Il se caractérise par un sentiment de détresse intense lié au rôle de parent : la fatigue s’accumule, le stress parental vous envahit, vous ne prenez plus de plaisir à vous occuper de vos enfants.

Comme pour le burnout professionnel, il est souvent teinté d’une impression de « mal faire », de ne pas être à la hauteur, ce qui renforce le mal-être au quotidien.

Le burn out parental est à distinguer du baby blues et de la dépression post-partum. Le baby blues se manifeste juste après la naissance de bébé et se caractérise par une période de déprime, d’irritabilité, d’anxiété. Lié intrinsèquement à la chute hormonale qui survient après l’accouchement, le baby blues est passager et rentre dans l’ordre en quelques jours. La dépression post-partum quant à elle survient après l’accouchement, mais perdure dans le temps : cette pathologie se manifeste par un état dépressif dans tous les domaines de la vie. La jeune maman n’a plus le goût à rien, ne trouve aucun réconfort dans son milieu professionnel, dans son quotidien, dans son environnement.

Le burn out parental, au contraire, se manifeste dans la sphère familiale uniquement. Il peut également survenir bien après la naissance, quand les enfants sont plus grands.

On estime qu’en France, environ 5 % des parents sont en situation de burn out (1). Ce syndrome touche les femmes comme les jeunes pères, indépendamment de leur âge et du nombre d’enfants au foyer.

Quels sont les symptômes du burn out parental ? 

le burn out parental

Le burn out se manifeste à la fois sur le plan physique et émotionnel. C’est bien souvent la fatigue, voire l’épuisement qui apparaît en premier : vous avez le sentiment d’être au bout du rouleau, de manquer cruellement de sommeil parfois dès le réveil, et de n’avoir aucune énergie pour faire face aux tâches parentales : s’occuper des enfants, préparer les repas, répondre à leurs diverses sollicitations… Toutefois, un burnout ne se résume pas à une simple fatigue et d’autres signes viennent s’ajouter à cet épuisement permanent, ce qui permet d’affiner le diagnostic. On retrouve parmi eux :

- La distanciation affective : vous êtes moins attentif aux besoins de vos enfants, moins impliqués dans leur éducation et leur quotidien. La relation mère-enfant ou père-enfant se dégrade peu à peu : les signes d’affection se font plus rares, les mots tendres aussi. Beaucoup de parents en situation de burn out ont l’impression d’accomplir les tâches du quotidien comme un robot (lessive, repas, ménage, devoirs…), sans laisser de place à l’affect dans cette pesante routine.

- Une saturation au quotidien : vous n’avez plus de plaisir à passer du temps avec vos enfants, allant même jusqu’à préférer être ailleurs.

- Une difficulté à contrôler vos émotions : à la moindre contrariété, vous perdez votre sang froid : énervement, cris, et parfois pleurs, vous subissez de plein fouet l’ascenseur émotionnel engendré par le burnout. 

- Des troubles du sommeil, qui surviennent de façon tout à fait paradoxale puisque vous êtes épuisé(e), mais vous n’arrivez pas à vous reposer quand vous en avez l’occasion. Ces troubles peuvent prendre la forme d’insomnies, de difficultés d’endormissement, de réveils inopinés au beau milieu de la nuit, ou encore de sommeil non réparateur. 

- Des difficultés à vous concentrer, à réfléchir.

- Une perte de libido et une sexualité en berne : les rapports sexuels sont vécus comme une « corvée supplémentaire », et vous n’avez aucune envie de reprendre une vie intime active.

- À cela s’ajoute une perte d’estime de soi et la sensation d’être un mauvais parent, puisque vous vous sentez à mille lieues de l’image du parent idéal : énergique, bienveillant et à l’écoute de ses enfants en toutes circonstances.

Comment sortir du burn out parental ? 

Dans le cas d’un burnout professionnel, il est assez facile de prendre ses distances avec son travail, par exemple en bénéficiant d’un arrêt maladie qui vous permet de recharger les batteries, loin du stress de l’entreprise. Dans le cadre familial, cette distanciation est bien sûr plus compliquée, puisque vous pouvez difficilement vous mettre en retrait. 

le burn out parental

La première étape, et pas la moindre, est souvent de reconnaître et d’accepter le burn out parental. Beaucoup de jeunes mamans et papas sont dans le déni et finissent par se faire une raison, considérant leur détresse comme normale, ou temporaire. 

Si vous en avez la possibilité, et si vous êtes dans un environnement favorable, il ne faut pas hésiter à solliciter vos proches : grands-parents, oncles et tantes, amis, et bien sûr le conjoint qui peuvent prendre le relais pendant un après-midi ou quelques jours pour vous permettre de souffler. Cette « coupure » est souvent bénéfique sur le plan physique comme sur le plan psychologique.

Le regard des autres n’est pas toujours tendre, et l’entourage pas forcément réceptif quand un jeune parent exprime sa fatigue ou sa lassitude. Pire : il peut même parfois être traité de râleur, ou de mauvais parent, ce qui va accentuer le sentiment d’être incapable de gérer sereinement le quotidien dans la cellule familiale. Le burn out parental comporte également une dimension culpabilisante, presque honteuse : on hésite à demander de l’aide par peur du jugement, et on se terre encore plus dans son mal-être.

Pour sortir du burnout parental, il ne faut donc pas hésiter à tirer la sonnette d’alarme et à en parler à une personne compétente en la matière. Votre médecin ou une sage-femme pourront vous orienter vers un psychologue ou des experts en parentalité, qui sont à même de vous épauler et vous proposer des solutions concrètes pour alléger ces sentiments d’épuisement et d’impuissance. Pour retrouver une maternité sereine, il faut parfois accepter de lâcher du lest, de revoir ses priorités et de renoncer à l’image de la famille et des enfants parfaits – souvent véhiculée par les réseaux sociaux, à tel point qu’on oublierait presque qu’elle n’est pas la norme !

Enfin, parce que les parents victimes de burn out se sentent souvent isolés ou incompris, il ne faut pas hésiter à échanger avec d’autres personnes dans la même situation. Des associations, des forums, des ouvrages - comme le livre Le Burn Out Parental : l’Éviter et s’en Sortir (2), une référence en la matière – peuvent vous apporter du réconfort et les premières pistes pour reprendre pied, alléger votre charge mentale, vous organiser différemment et vivre enfin une parentalité épanouie !

(1) https://www.france-assos-sante.org/2019/12/04/cest-quoi-le-burn-out-parental/

(2) Moïra Mikolajczak et Isabelle Roskam, éditions Odile Jacob