La dépression post-partum, comment la reconnaître, la prévenir et la soigner ?

Vous vous faisiez une joie d’accueillir ce petit bébé, et pourtant depuis l’accouchement, vous n’arrivez pas à vous réjouir et à profiter de ce nouveau bonheur. Pire, vous vous sentez déprimée, et souvent assaillie par l’envie de pleurer… Et s’il s’agissait d’une dépression post-partum ? Faisons le point aujourd’hui sur cette pathologie qui touche certaines femmes après l’accouchement : d’où vient-elle, comment se manifeste-t-elle, et comment la traiter pour retrouver la joie de vivre et d’être parent ?

  1. Dépression post-partum : quels symptômes ?
  2. Dépression post-partum et baby-blues : quelle différence ?
  3. Quels facteurs favorisent la dépression post-partum ?
  4. Comment traiter la dépression post-natale ?

Dépression post-partum : quels symptômes ?

La dépression post-partum – aussi appelée dépression post-natale - survient dans les semaines ou dans les mois qui suivent l’accouchement. Si elle peut en théorie se manifester à tout moment après l’arrivée de bébé, deux pics de fréquence sont souvent constatés : entre la 4ème et la 6ème semaine et entre le 9ème et le 15ème mois après la naissance. (1) Parmi les symptômes observés, on peut citer :

- Une profonde tristesse, et un vague à l’âme, sans pouvoir vraiment en expliquer la raison ; 

- Des pleurs fréquents

- Un désintérêt pour l’enfant. La jeune maman n’a pas envie de s’occuper de son bébé, ou bien se dévalorise, en pensant qu’elle est de toute façon une mauvaise mère, qu’elle s’y prend mal, ce qui accentue son stress et sa peur de mal faire ;

- Un désintérêt pour toutes les choses du quotidien, qui sont effectuées machinalement, « parce qu’il le faut ». La jeune maman n’est pas motivée pour le sport, pour le travail, pour sortir avec ses amies, et se renferme peu à peu sur elle-même ; 

- Une irritabilité et une anxiété poussées à l’extrême, accompagnées de sautes d’humeur incontrôlables ; 

- Une fatigue constante, qui peut être accentuée par des troubles du sommeil. La femme atteinte de dépression post-partum va alors souffrir d’insomnies, ou au contraire dormir trop, pour échapper à son quotidien ; 

- Un changement d’appétit, dans un sens ou dans l’autre ; 

- Dans les cas les plus extrêmes, la dépression postnatale peut dériver vers des pensées suicidaires ou l’envie de faire du mal, à soi-même ou au bébé.

Elle est à distinguer du baby-blues, qui se manifeste également juste après l’accouchement.

dépression post-partum

Dépression post-partum et baby-blues : quelle différence ?

La dépression post-partum peut être confondue avec le baby-blues, car certains symptômes se recoupent : une forte émotivité, de l’irritabilité, de l’anxiété sont aussi de la partie. Le baby-blues est d’ailleurs très fréquent, puisqu’il toucherait 70 à 80 % (2) des jeunes mamans dans les jours qui suivent l’accouchement, alors que les hormones chutent de façon drastique dans le corps. Mais à la différence de la dépression post-partum, le baby-blues ne s’inscrit pas dans le temps : il dure de quelques jours à deux semaines maximum. Un état dépressif qui ne se résorbe pas de lui-même et qui perdure dans le temps doit évoquer une dépression post-partum.

Si cette dernière est bien moins fréquente que le baby-blues, elle touche tout de même 10 à 18 % (3) des jeunes mamans, d’où l’importance de bien la reconnaître pour mettre en place une prise en charge adéquate en face. 

Quels facteurs favorisent la dépression post-partum ?

Qu’on se le dise : n’importe quelle femme peut souffrir de dépression post-partum à la naissance d’un enfant, quel que soit son âge, sa catégorie socio-professionnelle ou son mode de vie. On observe toutefois quelques facteurs de risque :

- avoir déjà connu des troubles dépressifs ou des troubles mentaux par le passé ; 

- avoir vécu des événements stressants pendant la grossesse (maladie, deuil, perte d’un emploi, conflits conjugaux…) ; 

- le manque de sommeil et le manque de soutien de la part de l’entourage ; 

- une relation instable avec son partenaire ; 

- des antécédents de toxicomanie.

Bon à savoir : la dépression post-partum ne concerne pas que les femmes. Elle peut également toucher les jeunes papas, qui ne doivent pas hésiter à demander de l’aide si des troubles dépressifs se manifestent ou se renforcent à la naissance de bébé.

Comment traiter la dépression post-natale ?

Dans un premier temps, il ne faut pas hésiter à en parler. Le sujet reste un peu tabou, car dans l’esprit collectif, une naissance est un événement formidable qui ne peut que vous emplir de joie. Difficile d’admettre dans ce cas que l’on souffre d’une dépression post-partum et qu’on ne nage pas dans le bonheur…

Ouvrez-vous à une oreille bienfaisante comme une amie, votre mère ou votre moitié qui pourra vous seconder au quotidien. Il est important – mais pas toujours évident – de bien vous reposer : n’hésitez pas à solliciter votre entourage pour garder bébé et à vous octroyer des siestes, à dormir plus longtemps pour chasser la fatigue.

dépression post-partum

Il est également primordial de vous alimenter suffisamment et correctement, d’essayer de bouger, de prendre l’air tous les jours (en faisant un peu de marche par exemple), et également de vous accorder quelques moments rien pour vous. Coiffeur, shopping, spa, prendre un verre avec des amies ou vous offrir un moment cocooning avec nos soins post-partum… Il est important de prendre soin de vous, cela influe directement sur votre moral ! Pas besoin de chercher loin : vous pouvez faire des choses très simples qui vous plaisent et ne prennent que 5 ou 10 minutes, effet bénéfique garanti. Boire un café seule, lire, se promener, aller chercher du pain sont autant d’idées qui peuvent booster votre moral !

Si tous ces efforts ne suffisent pas, ou si vous n’avez personne à qui vous confier, vous pouvez vous adresser directement à un professionnel de santé comme une sage-femme, un psychologue ou votre médecin : ils sauront quelle prise en charge vous proposer pour traiter ces symptômes dépressifs, et pourront vous orienter si nécessaire vers un traitement médicamenteux ou une hospitalisation.

Si vous avez peur d’être séparée de votre bébé, sachez qu’il existe des unités mère-enfant, où vous serez accueillie et encadrée avec votre tout-petit le temps de prendre vos marques, de retrouver de l’énergie et de chasser les idées noires qui vous étreignent. Ces unités ont l’avantage de vous offrir une prise en charge tout en vous aidant à tisser le lien mère/enfant, si précieux pour vivre enfin une parentalité épanouie.

Source :

(1 et 3) 

(2)