Kali, co-allaitement

Chez Daylily Paris, nous avons à cœur de vous offrir du contenu de qualité et des informations éclairées autour de la maternité. En ce mois de l'allaitement, nous avons interrogé Kali, maman allaitante, qui vous partage son expérience en co-allaitement au sein de sa famille. La manière de nourrir son enfant est un choix propre à chacun : allaitement ou biberon. Le principal est votre santé et votre bien-être avec bébé.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m'appelle Kali, j'ai 32 ans. Je suis la maman de quatre enfants de 10 ans et demi, 7 ans, 4 ans et trois mois. Je suis créatrice de contenu sur les réseaux sociaux et photographe. Je travaille donc à mon compte, avec mes enfants. 

Vous avez allaité chacun de vos enfants. Était-ce un souhait que vous aviez depuis toujours ?

J'ai été moi-même allaitée par ma maman plus d'une année. Mon petit-frère l'a été également. En grandissant, j'ai été entourée d'amies de ma mère qui ont fait le même choix et c'était donc très naturel pour moi de côtoyer l'allaitement et de le voir comme une évidence. Je ne me suis jamais posée la question de l'allaitement. Mon corps me semblait fait pour ça. Quand j'ai accueilli mon aîné, je n'ai donc pas réfléchi. Il allait être allaité comme je l'avais été. 

Que représente l’allaitement pour vous ?

C'est une part considérable de ma parentalité. J'allaite depuis un tiers de ma propre vie. J'allaite depuis autant de temps que je suis mère. J'adore ce lien à mes touts-petits, je trouve magique de constater que mon corps les a aidés à grandir au creux de mon ventre et, qu'ensuite, mon lait les a nourris et leur a permis de continuer à évoluer. Je trouve incroyable d'observer chaque petit pli sur les cuisses de mon bébé et de me dire "C'est grâce à ton lait, tout ça !".

L'allaitement est donc une douce évidence. J'ai la chance d'avoir vécu peu de difficultés avec mes allaitements. C'est majoritairement un long fleuve tranquille avec quelques petits obstacles que j'ai pu surmonter en étant très informée sur le sujet. Je ne me mets aucune pression, aucune deadline, aucun objectif. J'allaite mes bébés/enfants tant qu'ils en ont besoin/envie et lorsque cela s'arrête, notre relation continue sa jolie évolution sans ça.

Vous allaitez depuis bientôt 11 ans sans interruption. Comment vous le vivez et est-ce qu’il y a des conséquences pour vous ?

Avoir un bébé, ça peut être épuisant. Le quotidien est bouleversé, on ne dort pas forcément bien la nuit, tout doit être organisé différemment. Il s'agit de trouver un nouveau rythme ou équilibre à mettre en place en priorisant ce tout-petit qui débarque dans nos vies comme une tornade à laquelle on n’est jamais suffisamment préparés. L'allaitement en soi ne me semble pas ajouter une difficulté supplémentaire. Je suis désormais maman de quatre enfants et le quotidien est fatiguant pour la simple et bonne raison qu'une vie de famille nombreuse couplée à un travail à temps plein donnent lieu à avoir peu de temps "à soi". C'est parfois dur de trouver un petit moment privilégié sans charge mentale et la majorité des parents savent à quel point la charge mentale parentale (ou maternelle suivant les cas) est dure à porter.

Cela dit, l'allaitement en soi ne m'épuise pas plus que la vie de famille en général. J'allaite en cododo, ce qui m'évite de devoir me déplacer la nuit, j'allaite en portage ce qui m'évite de devoir m'arrêter quand je suis à l'extérieur pour allaiter et trouver un lieu où m'asseoir. Je ne me pose pas de questions et je vis les choses comme elles viennent avec beaucoup de simplicité.  Par ailleurs, mon bébé de trois mois est le premier de mes quatre enfants qui dort la nuit sans aucun réveil ce qui me permet d'avoir de bonnes nuits reposantes et d'être bien plus disposée la journée. C'est d'autant plus agréable et ça casse le vieux mythe du "ton bébé ne dort pas la nuit à cause de l'allaitement."

Donc pour répondre, l'allaitement ne représente pas d'inconvénients à mes yeux. C'est pratique, simple, rapide... Cela m'a par contre aidé à accueillir mon corps de maman, à le sentir utile et puissant. Je ne vois plus mon corps uniquement comme un poids désagréable à porter et à voir mais comme le merveilleux outil qui me permet de nourrir mes enfants depuis 11 ans. Je me suis réconciliée avec moi-même et j'ai pu prendre confiance en moi et en mon rôle de FEMME dans son ensemble, par le simple fait de me savoir connectée à mon enfant par mon lait, grâce à mes seins.

Qu’est-ce que le co-allaitement et comment s’est-il mis en place au sein de votre famille ?

Le co-allaitement c'est le fait d'allaiter deux bébés/enfants (ou plus) à la fois. Il peut s'agir de jumeaux/triplés (ou plus) ou d'enfants d'âge différent. Dans mon cas, je suis tombée enceinte de ma seconde lorsque mon fils aîné avait deux ans et demi. Il était encore petit, à mes yeux, et surtout encore allaité. Je ne me voyais pas lui refuser le sein pour faire de la place à sa petite sœur. C'est donc devenu important pour moi de lui laisser pleinement son espace et son maternage pour qu'il ne se sente pas mis de côté en vue d'accueillir sa sœur. Je voyais cela comme un moyen de l'aider à trouver sa place, à se sécuriser et à ne pas se sentir jaloux de la présence d'un bébé qui demande beaucoup d'attention. Ils ont donc été allaités ensemble pendant six mois avant qu'il n'ait plus besoin de téter et vive un sevrage naturel et que sa sœur, elle, continue son aventure lactée avec moi. Ma seconde est née en maternité et le personnel soignant avait été très intrigué par le fait de me voir allaiter mes deux enfants. Ils étaient très peu informés à ce sujet mais ouverts à la discussion et nous avons eu des échanges très positifs lors de mon séjour en maternité, autour du co-allaitement. C'était une expérience humaine très intéressante.

Par la suite, il a donc été logique pour moi de ne pas sevrer mes enfants lorsque je tombais enceinte du suivant et de les laisser choisir le moment opportun pour eux. J'ai donc été amenée à vivre quelques jours/semaines de co-allaitement avec mes deux derniers enfants, il y a peu.

Aujourd’hui, vous n’allaitez plus que votre dernier. Comment se passait votre co-allaitement pour vous ? Et pour vos enfants ?

Mes aînés étaient évidemment moins en demande de tétées que mes bébés, ce qui me permettait de ne pas me sentir envahie. En général, les tétées devenaient des moments câlins à trois où mes enfants étaient amenés à gagner en proximité et en contact et c'est très beau à voir dans la construction de la fratrie et de leur relation. Les voir se tenir la main tout contre moi, se sourire, restera probablement certaines des plus belles images qu'il m'ait été donné d'apercevoir dans ma vie de mère. Au vu de la différence d'âge entre mes enfants (trois ans à quatre ans), je n'ai pas ressenti de difficulté particulière au niveau organisationnel ou en termes de fatigue. Nous étions passés en allaitement "à l'amiable" avec mes aînés, où je pouvais me permettre de dire, par moment : "Je suis désolée mais pour le moment je n'ai pas très envie d'une tétée, est-ce que tu es d'accord que l'on lise plutôt un livre à la place et on fait une tétée dans un petit moment ?" et la communication permettait que chacun se sente bien dans cet allaitement.

Avez-vous une anecdote à nous raconter sur votre parcours d’allaitement ?

Il ne s'agit pas vraiment d'une anecdote mais de quelque chose que je trouve très important à relever pour les futurs parents qui souhaitent démarrer l'allaitement et pourraient être inquiets du regard des gens. On entend souvent parler de femmes qui se sont vues juger, voire agresser, lorsqu'elles allaitaient leur bébé sur un lieu public. Il est important que ces histoires continuent d'être médiatisées d'une façon ou d'une autre pour que les victimes n'aient pas à se taire et pour que les choses changent et que le regard des gens sur l'allaitement évolue. Cependant, je trouve important de rappeler qu'il n'y a de loin pas que du négatif dans le regard des "autres" sur l'allaitement. J'allaite depuis 11 ans bientôt et en-dehors des réseaux sociaux où les gens se permettent parfois de juger sous couvert d'anonymat, je n'ai JAMAIS été agressée ou critiquée en allaitant, peu importe le lieu où je me trouvais. Je n'ai entendu que des compliments, je n'ai vu que des sourires, je n'ai fait que de belles rencontres de gens qui ont partagé un peu de leur histoire avec moi... Il y a tellement de belles personnes que j'ai eu la chance de croiser dans ma vie grâce à l'allaitement et à un simple regard croisé. Osez ! Vous ne faites que nourrir votre enfant qui a faim et vous avez le droit de le faire partout, en fonction de ses besoins.

Avez-vous un mot à dire aux parents qui envisagent le co-allaitement ?

Si vous souhaitez tenter l'aventure du co-allaitement, faites-le ! Ne vous sentez pas forcés de le mettre en place si cela vous semble trop de charge mentale ou d'organisation à vos yeux ou si vous vous sentez un peu oppressés par l'idée d'avoir deux enfants allaités en même temps mais si vous en avez ENVIE, écoutez-vous. Le corps est bien fait. Plus il y a de demande, plus il y a d'offre en termes de lactation et vous ne manquerez donc de rien du moment où vos bébés/enfants ont une bonne succion et une bonne prise du sein. Le colostrum sera en quantité suffisante pour votre tout petit et il ne manquera de rien puisque la qualité du lait va s'adapter aux besoins de votre nouveau-né.

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